La peinture tadjike
Peintures murales sogdiennes
La peinture ancienne du Tadjikistan se découvre d'abord sur les murs des maisons de l'ancienne Pendjikent. Réalisées aux VIIe et VIIIe siècles, ces compositions déroulent des scènes de banquet, des cortèges de divinités et des récits épiques sur plusieurs registres superposés. Les fouilles menées depuis les années 1940 ont permis de déposer une partie de ces panneaux, aujourd'hui partagés entre les collections de Douchanbé et celles de l'Ermitage à Saint-Pétersbourg.
Couleurs et procédés anciens
Les peintres sogdiens travaillaient sur un enduit de terre et de paille, avec des pigments minéraux qui donnent des rouges profonds, des ocres, des bleus et des noirs de contour. Le dessin cerne les figures d'un trait continu, sans modelé, et privilégie la lisibilité narrative sur l'illusion de profondeur.
Miniature et enluminure
Après l'islamisation, la peinture se déplace vers le livre. La miniature persane, les frontispices et les décors d'or accompagnent les manuscrits copiés dans les madrasas de Transoxiane. Cet art de l'enluminure, désigné en tadjik par le terme zarhalkori, figure depuis 2023 sur la liste représentative de l'UNESCO au titre d'un dossier partagé par plusieurs pays de l'aire persane et turque.
École soviétique
Une peinture de chevalet apparaît au Tadjikistan dans les années 1930, portée par des artistes formés à Moscou et à Leningrad puis par les premières promotions locales. Le réalisme socialiste y impose ses sujets, scènes de récolte, portraits d'ouvriers et grandes toiles historiques, mais laisse aussi place au paysage de montagne et à la nature morte, où la couleur reste vive.
Décor et ornement
La peinture décorative garde une place importante dans les intérieurs et les édifices publics. Les plafonds de bois peints, les stucs sculptés et les motifs floraux géométrisés relient l'art mural aux savoir-faire de la broderie et de la céramique, avec un répertoire ornemental commun.
Création contemporaine
Les artistes actuels exposent surtout à Douchanbé, dans les musées d'État et quelques galeries privées, entre figuration héritée de l'école soviétique et recherches abstraites nourries de l'ornement traditionnel. Le marché intérieur reste étroit, ce qui conduit une partie des peintres à vivre de commandes publiques ou à travailler depuis l'étranger.