Institutions politiques au Tadjikistan
Cadre constitutionnel
La Constitution du Tadjikistan a été adoptée par référendum le 6 novembre 1994, en pleine guerre civile. Elle institue une république présidentielle et fait du chef de l'État le garant proclamé de l'unité nationale. Trois révisions successives, approuvées par référendum en 1999, 2003 et 2016, en ont modifié l'équilibre. Le scrutin de 2016 a supprimé la limitation du nombre de mandats présidentiels au bénéfice du titulaire du titre de Fondateur de la paix et de l'unité nationale, abaissé de 35 à 30 ans l'âge minimal requis pour se porter candidat à la présidence et interdit la constitution de partis fondés sur la religion.
Présidence
Emomali Rahmon dirige le pays depuis novembre 1992, d'abord comme président du Soviet suprême, puis comme président de la République après l'élection de novembre 1994. Il a été réélu en 1999, 2006, 2013, puis en octobre 2020, scrutin lors duquel il a recueilli près de 91 pour cent des suffrages selon les résultats officiels. Une loi votée en décembre 2015 lui a conféré le titre de Fondateur de la paix et de l'unité nationale, Leader de la Nation, assorti d'une immunité à vie et de prérogatives permanentes. Le président nomme le Premier ministre et les membres du gouvernement ainsi que les responsables des exécutifs régionaux et locaux.
Parlement bicaméral
L'Assemblée suprême, ou Majlisi Oli, comprend deux chambres. La chambre basse, le Majlisi namoyandagon, compte 63 sièges pourvus pour cinq ans, dont 22 à la représentation proportionnelle avec un seuil de 5 pour cent et le reste au scrutin uninominal de circonscription. La chambre haute, le Majlisi milli, réunit 33 membres, dont les trois quarts sont désignés par les assemblées locales à raison d'une représentation égale par région, le reste étant nommé directement par le chef de l'État. Rustam Emomali, fils du président et maire de Douchanbé depuis janvier 2017, préside cette chambre depuis 2020, position qui en fait constitutionnellement le premier successeur en cas de vacance.
Administration territoriale et justice
Les régions, les villes et les districts disposent d'assemblées élues aux pouvoirs limités, doublées d'exécutifs dont les responsables sont nommés par le président. La Cour suprême, la Cour constitutionnelle et la Cour économique supérieure forment le sommet de l'appareil judiciaire, dont les membres sont proposés par le chef de l'État et confirmés par le Parlement. Les organisations internationales de défense des droits humains relèvent régulièrement la faible autonomie de cet appareil vis-à-vis de l'exécutif.