Libertés publiques au Tadjikistan
Évaluations internationales
Dans son édition 2025 de Freedom in the World, Freedom House attribue au Tadjikistan un score global de 5 points sur 100, dont zéro sur 40 pour les droits politiques et 5 sur 60 pour les libertés civiles, et classe le pays parmi les États non libres. L'organisation décrit une campagne durable de répression visant l'opposition politique et les médias indépendants. Le pays figure ainsi parmi les moins bien notés de ce classement à l'échelle mondiale.
Liberté de la presse
Reporters sans frontières place le Tadjikistan au 155e rang sur 180 pays dans son classement mondial de la liberté de la presse publié en 2026, avec un score de 32,22. L'organisation fait état de sept journalistes détenus et signale le blocage quasi permanent de plusieurs sites d'information et réseaux sociaux. Le site indépendant Akhbor a été interdit en juillet 2023 et désigné comme organisation extrémiste. En janvier 2025, Ahmad Ibrohim, rédacteur en chef du journal Paik, a été condamné à dix ans de prison, et en février 2025 la journaliste Rukhshona Khakimova à huit ans, à l'issue de procès tenus à huis clos.
Association, réunion et religion
Les organisations non gouvernementales sont soumises à des obligations d'enregistrement et de déclaration étendues qui limitent leur capacité d'action, selon les rapports des organisations de défense des droits humains. Les rassemblements publics non autorisés demeurent rares et exposent leurs participants à des poursuites. La pratique religieuse s'exerce dans un cadre légal étroit, avec un contrôle administratif des lieux de culte, de la formation des imams et de la participation des mineurs aux activités cultuelles.
Haut-Badakhchan
La situation dans la région autonome du Haut-Badakhchan retient particulièrement l'attention des organisations internationales. Après la mort de Gulbiddin Ziyobekov lors d'une opération policière en novembre 2021, des manifestations ont éclaté dans la région. En mai 2022, une opération de sécurité de grande ampleur y a été conduite. Human Rights Watch et des experts mandatés par les Nations unies ont documenté des morts civiles, des arrestations nombreuses et des poursuites visant des militants, des avocats et des journalistes locaux. Les autorités présentent ces opérations comme une action dirigée contre des groupes criminels organisés.