Scène politique au Tadjikistan

Guerre civile et recomposition

De mai 1992 à juin 1997, le Tadjikistan a connu une guerre civile opposant les forces gouvernementales issues de l'appareil soviétique à l'Opposition tadjike unie, coalition de mouvements islamistes, démocratiques et régionaux. Les estimations du nombre de morts varient fortement selon les sources, de plusieurs dizaines de milliers à plus de cent mille. Un accord général de paix et d'entente nationale, signé à Moscou en juin 1997 sous médiation des Nations unies et de la Russie, a mis fin au conflit en prévoyant la légalisation de l'opposition, l'attribution d'une part des postes gouvernementaux à ses représentants et l'intégration de ses combattants dans les forces régulières.

Partis autorisés

Le Parti démocratique populaire du Tadjikistan, présidé par le chef de l'État, domine la vie parlementaire depuis la fin du conflit. Quelques formations disposent d'une existence légale et d'une représentation, parmi lesquelles le Parti agrarien, le Parti des réformes économiques, le Parti communiste, le Parti socialiste et le Parti démocratique. Les missions d'observation internationales relèvent que ces organisations se distinguent peu du programme gouvernemental et qu'aucune ne conteste réellement l'orientation du pouvoir.

Interdiction du Parti de la renaissance islamique

Fondé clandestinement en octobre 1990 et légalisé après les accords de paix, le Parti de la renaissance islamique du Tadjikistan a longtemps constitué la principale force d'opposition et la seule formation islamiste légale d'Asie centrale. Aux élections législatives du 1er mars 2015, il n'a recueilli que 1,67 pour cent des voix et a perdu ses deux sièges. Le 29 septembre 2015, la Cour suprême l'a interdit et qualifié d'organisation terroriste, les autorités ayant établi un lien entre ses dirigeants et la tentative de soulèvement attribuée à l'ancien vice-ministre de la Défense Abdouhalim Nazarzoda, tué lors de l'assaut donné par les forces de sécurité. Plusieurs cadres du parti ont été condamnés à de lourdes peines, dont deux dirigeants à la réclusion à perpétuité, tandis que son président Muhiddin Kabiri vit en exil.

Opposition en exil

Les principales voix critiques s'expriment depuis l'étranger, notamment en Europe. Freedom House rapporte que des militants réfugiés hors du pays ont fait l'objet de retours forcés et que des dirigeants du mouvement Groupe 24 ont été condamnés à trente et vingt ans de prison après avoir été enlevés en Turquie. Ces éléments nourrissent le constat, formulé par plusieurs organisations, d'un espace politique national largement refermé depuis 2015.